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Locataires et candidatures

Documents à demander à un candidat locataire : la liste autorisée

Refuser un dossier incomplet est normal. En demander trop ne l’est pas : la réglementation fixe une liste limitative des pièces qu’un bailleur peut exiger, et tout ajout l’expose à une amende. Voici cette liste, les documents à ne jamais réclamer et la manière de rester cohérent d’un candidat à l’autre.

Par Résonance LocativePublié le 8 min de lecture

Des dossiers de candidature rangés dans un coffret en verre fermé par une sangle marine et un cadenas doré, la clé posée à côté

Réponse rapide

Vous ne pouvez exiger que les pièces de la liste fixée par le décret du 5 novembre 2015 : une pièce d’identité, un justificatif de domicile, un justificatif de situation professionnelle et des justificatifs de ressources, avec une liste plus courte pour la caution. Toute pièce hors liste est interdite et expose à une amende administrative maximale de 3 000 € (15 000 € pour une personne morale).

La règle : une liste limitative

Le bailleur ne peut demander au candidat à la location, ou à sa caution, que les pièces énumérées dans les annexes du décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015. L’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989 renvoie en effet à ce décret pour fixer la liste. Les pièces peuvent être produites en copie, rédigées ou traduites en français, et le bailleur peut demander à voir les originaux.

Service-Public et la CNIL rappellent la sanction : demander un justificatif non autorisé expose à une amende administrative maximale de 3 000 € pour une personne physique et de 15 000 € pour une personne morale. Selon l’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989, cette amende est prononcée par le représentant de l’État dans le département (le préfet), après que l’intéressé a pu présenter ses observations.

Les pièces que vous pouvez demander au candidat

Pièces autorisées pour le candidat locataire (annexe I du décret n° 2015-1437, version en vigueur le 4 octobre 2026)
CatégoriePièces autoriséesRègle
IdentitéUne pièce d’identité en cours de validité : carte nationale d’identité, passeport ou permis de conduire, français ou étrangers (ou justificatif de droit au séjour pour un étranger).Une pièce autorisée.
DomicileLes trois dernières quittances de loyer ou une attestation du bailleur précédent ; une attestation d’élection de domicile ; une attestation sur l’honneur de la personne qui héberge ; le dernier avis de taxe foncière ou le titre de propriété de la résidence principale.Un seul justificatif autorisé.
Activité professionnelleContrat de travail ou de stage, ou attestation de l’employeur ; extrait K ou K bis de moins de trois mois pour une entreprise commerciale ; justificatif d’inscription ou d’identification pour un artisan ou un indépendant ; carte professionnelle pour une profession libérale ; toute pièce récente attestant l’activité ; carte d’étudiant ou certificat de scolarité.Un ou plusieurs justificatifs autorisés, selon la situation.
RessourcesDernier ou avant-dernier avis d’imposition ou de non-imposition ; trois derniers bulletins de salaire ; justificatif d’indemnités de stage ; deux derniers bilans ou attestation de ressources pour un non-salarié ; justificatifs de versement d’indemnités, de retraites ou de prestations des trois derniers mois ; attestation de simulation d’aides au logement ; avis d’attribution de bourse ; titre de propriété immobilière ou avis de taxe foncière ; justificatifs de revenus fonciers, de rentes ou de revenus mobiliers.Un ou plusieurs justificatifs autorisés.
Pièces autorisées pour le candidat locataire (annexe I du décret n° 2015-1437, version en vigueur le 4 octobre 2026)

Cette liste est reprise de l’annexe I du décret telle que publiée sur Légifrance. Elle est donnée pour vous aider à vous repérer, pas pour se substituer au texte : en cas de doute sur une pièce, c’est le texte officiel qui s’applique.

Schéma

Pièces du candidat : une liste fermée, une règle par catégorie

Liste fermée fixée par l’annexe I du décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015. Identité : une pièce autorisée. Domicile : un seul justificatif autorisé. Activité professionnelle : un ou plusieurs justificatifs autorisés, selon la situation. Ressources : un ou plusieurs justificatifs autorisés. Hors de la liste, la demande est interdite. Exemples de documents non autorisés, liste non exhaustive : relevés de compte bancaire, carte Vitale, livret de famille. Demander un justificatif non autorisé expose à une amende administrative maximale de 3 000 € pour une personne physique et de 15 000 € pour une personne morale. Elle est prononcée par le représentant de l’État dans le département, le préfet, selon l’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989.

Annexe I du décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 : seules ces quatre catégories peuvent être demandées au candidat.

  • Identité

    Une pièce autorisée.

  • Domicile

    Un seul justificatif autorisé.

  • Activité professionnelle

    Un ou plusieurs justificatifs autorisés, selon la situation.

  • Ressources

    Un ou plusieurs justificatifs autorisés.

Sources : Décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 : liste des pièces justificatives pouvant être demandées au candidat à la location (annexe I) (Légifrance) ; Article 22-2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (liste des pièces justificatives) (Légifrance) ; Futur locataire d'un logement privé : justificatifs à fournir au propriétaire (Service-Public.fr) ; Location d'un bien immobilier : quels justificatifs peut-on demander aux candidats ? (CNIL).Vérifié le 6 octobre 2026.

Les pièces demandées à la caution

Lorsqu’un candidat présente un garant, l’annexe II du décret fixe une liste distincte, proche de celle du candidat mais plus courte, selon que la caution est une personne physique ou une personne morale.

  • Caution personne physique : une pièce d’identité, un justificatif de domicile, un justificatif d’activité professionnelle et un justificatif de ressources, dans les catégories prévues à l’annexe II.
  • Caution personne morale : un extrait K bis original de moins de trois mois (ou un document équivalent attestant de l’existence légale) et une pièce d’identité du représentant.

Le détail de la caution, de la caution solidaire et de la garantie Visale est traité dans garant, caution et Visale : comment s’y retrouver.

Ce que vous ne pouvez pas demander

Toute pièce qui ne figure pas dans la liste est exclue. La CNIL donne pour exemples un jugement de divorce, un extrait de casier judiciaire, un contrat de mariage, la carte Vitale, le livret de famille ou encore les relevés de compte bancaire. La liste n’est pas exhaustive : le critère n’est pas de savoir si un document est « sensible », mais s’il figure dans les annexes.

Avant d’envoyer votre liste de pièces à un candidat

  • Chaque pièce demandée figure dans l’annexe I du décret (ou l’annexe II pour la caution).
  • Vous ne demandez qu’une pièce pour l’identité et qu’une pièce pour le domicile.
  • Vous n’exigez ni relevé de compte bancaire, ni livret de famille, ni carte Vitale.
  • Vous appliquez exactement la même liste à tous les candidats d’un même logement.
  • Vous indiquez dès l’annonce ou la visite les pièces à préparer, comme le recommande la CNIL.

Une liste identique pour tous : pourquoi et comment

Demander les mêmes pièces à tous les candidats a deux avantages. Cela vous protège d’une demande hors liste faite par habitude ou par prudence excessive, et cela rend vos décisions comparables : vous évaluez des dossiers qui contiennent les mêmes éléments. La lecture de ces pièces est l’objet de l’article suivant, comment étudier un dossier de location.

Les pièces des candidats sont des données personnelles

Les documents qu’un candidat vous remet contiennent des informations sur son identité, ses revenus et sa situation. La CNIL recommande de ne pas les conserver indéfiniment, en particulier lorsque le candidat n’est pas retenu. Son référentiel sur la gestion locative (adopté le 6 mai 2021) cite, à titre d’exemple, une durée de trois mois en base active pour les pièces de solvabilité d’un candidat non retenu. Ce texte s’adresse aux professionnels et ne fixe pas un seuil légal, mais il constitue un repère utile à tout bailleur. Les documents que vous remettez, vous, au locataire figurent dans le dossier complet du bailleur.

Ce que change un suivi centralisé des candidats

Les candidatures trouvent leur place dès le début du parcours locatif dans Résonance Locative : les informations utiles à votre décision sont conservées au même endroit, rattachées au logement concerné, puis au locataire et au bail lorsque la candidature aboutit. Vous gardez ainsi la trace de ce qui a été demandé et reçu, sans multiplier les pièces jointes dans votre messagerie. L’outil ne tranche pas à votre place : il vous aide à rester cohérent.

À retenir

  • La liste des pièces autorisées est limitative : seule l’annexe du décret n° 2015-1437 compte.
  • Quatre catégories : identité, domicile, activité professionnelle, ressources ; une liste plus courte s’applique à la caution.
  • Livret de famille, carte Vitale, relevés bancaires, contrat de mariage, jugement de divorce et casier judiciaire ne peuvent pas être demandés.
  • Une demande hors liste expose à une amende pouvant aller jusqu’à 3 000 € (15 000 € pour une personne morale).
  • Appliquez la même liste à tous les candidats et ne gardez pas indéfiniment les pièces de ceux que vous n’avez pas retenus (la CNIL cite trois mois comme durée en principe adéquate).

Questions fréquentes

La liste des pièces est-elle vraiment limitative ?

Oui. L’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989 renvoie à un décret qui fixe la liste des pièces pouvant être exigées du candidat et de sa caution ; toute pièce qui n’y figure pas ne peut pas être exigée.

Une copie des documents suffit-elle ?

Oui. Les pièces peuvent être des copies, rédigées ou traduites en français, mais les originaux doivent pouvoir être présentés à la demande du bailleur.

Quelle sanction en cas de demande hors liste ?

Service-Public et la CNIL indiquent une amende pouvant aller jusqu’à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.

Que faire des documents d’un candidat que je n’ai pas retenu ?

Ne les conservez pas sans limite de durée. Le référentiel de la CNIL sur la gestion locative cite, à titre d’exemple, trois mois en base active pour les candidats non retenus ; il vise les professionnels, mais reste un bon repère pour fixer votre propre règle.

Sources officielles

Pour aller plus loin