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Suivre les paiements de loyers : la méthode pour ne rien oublier
Suivez trois chiffres par bail et par mois : le loyer attendu, le loyer encaissé et le reste à percevoir.
7 min de lecture
Loyers, incidents et pilotage
Le premier retard de loyer provoque souvent deux mauvaises réactions : attendre trop longtemps ou agir trop brutalement. Entre les deux existe une méthode claire, progressive et documentée. La voici, de la première relance au moment où il faut s’appuyer sur un professionnel.
Par Résonance LocativePublié le 10 min de lecture

Face à un retard, procédez par étapes : constater et dater, relancer à l’amiable par lettre simple, puis mettre en demeure par lettre recommandée. Si la dette persiste, seul un commissaire de justice délivre le commandement de payer, qui ouvre un délai de six semaines avant toute assignation. Chaque étape se documente ; aucune pénalité de retard ne peut être facturée au locataire.
Schéma
Le parcours face à un retard de loyer
Frise en sept étapes, en deux parties. Démarches amiables, à l’initiative du bailleur et recommandées par Service-Public : 1, constat daté de l’échéance et du montant dû ; 2, relance amiable par lettre simple ; 3, mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Procédure judiciaire : 4, commandement de payer délivré par un commissaire de justice ; 5, délai de six semaines prévu par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; 6, tentative préalable de règlement amiable : conciliation, médiation ou procédure participative lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, sauf exception légale ; 7, saisine du juge : le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection, par une assignation délivrée par un commissaire de justice et notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience. La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge, qui peut, lorsque les conditions légales sont réunies, accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire. L’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice et le respect de la procédure d’exécution applicable. Aucune pénalité de retard ne peut être facturée au locataire.
Démarches amiables, à l’initiative du bailleur (recommandées par Service-Public)
Étape 1 : Constat
Le bailleur
Dater l’échéance, le montant dû et le constat.
Étape 2 : Relance amiable
Le bailleur
Lettre simple.
Étape 3 : Mise en demeure
Le bailleur
Lettre recommandée avec accusé de réception, avec le décompte.
Procédure judiciaire
Étape 4 : Commandement de payer
Délivré par un commissaire de justice
Il mentionne notamment le décompte de la dette et le délai laissé au locataire.
Étape 5 : Délai de six semaines
Prévu par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989
Délai laissé au locataire pour régler sa dette.
Étape 6 : Tentative préalable de règlement amiable
Article 750-1 du Code de procédure civile
Tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, sauf exception légale.
Étape 7 : Saisine du juge
Le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection. L’assignation est délivrée par un commissaire de justice.
Elle est notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience.
La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge. Lorsque les conditions légales sont réunies, celui-ci peut accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire. L’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice et le respect de la procédure d’exécution applicable.
À chaque étape, aucune pénalité de retard ne peut être facturée au locataire.
Avant toute relance, vérifiez qu’il s’agit bien d’un retard. Le loyer est dû à la date prévue au bail, et non à une date approximative (suivre les paiements de loyers). Contrôlez que le virement n’est pas arrivé sur un autre compte, ou sous un libellé que vous n’avez pas rapproché. Notez ensuite la date d’échéance, le montant dû et la date du constat : c’est le point de départ de tout le reste. Les dates qui encadrent un bail (révision, charges, assurance) se retrouvent dans le calendrier du bailleur.
Service-Public place en première étape un courrier simple, par lequel le bailleur signale au locataire que le loyer et les charges restent à payer. Cette étape vise à clarifier la situation et à laisser une trace, sans durcir. Un message sobre suffit : la période concernée, le montant dû, un rappel de l’échéance, et une invitation à régulariser ou à vous contacter si un obstacle a retardé le paiement.
Si la relance reste sans effet, Service-Public indique d’adresser une mise en demeure par courrier recommandé, avec accusé de réception. Elle reprend les mêmes éléments que la relance, en précisant que le bailleur demande le paiement de la somme due, avec le décompte de la dette et un délai raisonnable pour régulariser. Elle donne une date certaine à votre demande. Service-Public mentionne aussi la possibilité de recourir à un conciliateur de justice (gratuit) ou à un médiateur civil (payant) pour trouver un accord, par exemple un étalement de la dette. Lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant la saisine du juge, sauf exception prévue par l’article 750-1 du Code de procédure civile.
Parallèlement, pensez à la garantie prévue au bail : la caution du locataire, la garantie Visale ou votre assurance loyers impayés. Service-Public rappelle de déclarer l’impayé dans un délai de 30 jours ; relevez en tout cas le délai exact de votre contrat ou de votre garantie, car il conditionne la prise en charge.
Si votre locataire perçoit une aide au logement (APL, ALF ou ALS), vous devez aussi signaler l’impayé à la CAF (ou à la MSA), en principe dans un délai de deux mois, dès que la dette atteint l’équivalent de deux mois de loyer. Le seuil exact dépend de la personne qui perçoit l’aide (bailleur ou locataire) et le mode de calcul est détaillé par Service-Public et par votre CAF : relevez-le sur leurs pages. À défaut de signalement, la CAF indique que vous pourriez devoir rembourser des aides indûment versées.
Si la dette persiste, un commissaire de justice délivre un commandement de payer. L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que tout bail d’habitation comporte une clause de résiliation de plein droit en cas de loyer ou de charges impayés, mais que cette clause ne joue qu’après un commandement resté sans effet. Le commandement doit notamment mentionner le délai de six semaines accordé au locataire, le montant du loyer et des charges, le décompte de la dette, l’avertissement d’une procédure judiciaire possible, l’adresse du fonds de solidarité pour le logement et le droit de demander des délais au juge.
Ce délai de six semaines est celui de l’article 24, dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023. La clause de résiliation de plein droit y figure aussi pour le non-versement du dépôt de garantie ; elle est explicitement reprise dans le contrat type applicable aux baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026 (bail vide ou bail meublé).
Le commissaire de justice informe aussi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) lorsque le locataire cumule deux mois d’impayés ou une dette équivalant à deux fois le loyer mensuel hors charges. Cette règle vise les bailleurs personnes physiques et les sociétés civiles familiales.
Si la dette n’est pas réglée à l’issue du délai, le propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection, selon Service-Public, après la tentative préalable de règlement amiable lorsque l’article 750-1 du Code de procédure civile l’impose. L’assignation est délivrée par un commissaire de justice ; l’assignation est notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience (article 24), pour permettre un diagnostic social et financier. La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge. Lorsque les conditions légales sont réunies, celui-ci peut accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire ; l’article 24 vise notamment le locataire qui a repris le versement du loyer courant avant l’audience et peut rembourser sa dette. L’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice et le respect de la procédure d’exécution applicable : en cas de résiliation, un commandement de quitter les lieux est signifié par un commissaire de justice.
| Étape | Qui agit | Forme | À documenter |
|---|---|---|---|
| Constat | Le bailleur | Aucune | Date d’échéance, montant dû, date du constat. |
| Relance amiable | Le bailleur | Lettre simple | Date, texte et mode d’envoi. |
| Mise en demeure | Le bailleur | Lettre recommandée avec accusé de réception | Accusé de réception et décompte. |
| Commandement de payer | Un commissaire de justice | Acte de commissaire de justice | L’acte, le délai de six semaines, l’information de la CCAPEX. |
| Tentative préalable de règlement amiable | Le bailleur et le locataire | Conciliation, médiation ou procédure participative, en principe obligatoire lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, sauf exception prévue par l’article 750-1 du Code de procédure civile | La démarche engagée et son issue. |
| Saisine du juge | Le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection. L’assignation est délivrée par un commissaire de justice. | Assignation notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience | Les pièces de la dette et des étapes précédentes. |
Dans Résonance Locative, un paiement en retard ou partiel est signalé dans l’agenda d’échéances, avec le reste dû. Les courriers (relance, mise en demeure) s’appuient sur un texte de départ modifiable, et le mode d’envoi est enregistré, par exemple par e-mail, par courrier postal ou remis en main propre ; une alerte signale un courrier préparé mais non envoyé. L’outil ne rédige pas un acte juridique à votre place et ne garantit ni la conformité d’un courrier ni le recouvrement d’une dette : il garde la trace de ce que vous avez fait, et quand.
Selon Service-Public, après une relance amiable restée sans effet : la mise en demeure se fait par lettre recommandée avec accusé de réception.
Un commissaire de justice. Il mentionne notamment le délai de six semaines accordé au locataire, le décompte de la dette et le droit de demander des délais au juge.
Six semaines, selon l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989. À l’issue de ce délai, si la dette persiste, le propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection, après la tentative préalable de règlement amiable lorsque l’article 750-1 du Code de procédure civile l’impose.
Non. Service-Public indique que le propriétaire a interdiction de facturer des frais de retard au locataire, pour les baux signés, renouvelés ou reconduits depuis le 27 mars 2014.

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