Résonance Locative

Loyers, incidents et pilotage

Retard de paiement de loyer : que faire, étape par étape

Le premier retard de loyer provoque souvent deux mauvaises réactions : attendre trop longtemps ou agir trop brutalement. Entre les deux existe une méthode claire, progressive et documentée. La voici, de la première relance au moment où il faut s’appuyer sur un professionnel.

Par Résonance LocativePublié le 10 min de lecture

Une femme réfléchit à son bureau, ordinateur ouvert devant elle, un calendrier et une enveloppe à portée de main

Réponse rapide

Face à un retard, procédez par étapes : constater et dater, relancer à l’amiable par lettre simple, puis mettre en demeure par lettre recommandée. Si la dette persiste, seul un commissaire de justice délivre le commandement de payer, qui ouvre un délai de six semaines avant toute assignation. Chaque étape se documente ; aucune pénalité de retard ne peut être facturée au locataire.

Schéma

Le parcours face à un retard de loyer

Frise en sept étapes, en deux parties. Démarches amiables, à l’initiative du bailleur et recommandées par Service-Public : 1, constat daté de l’échéance et du montant dû ; 2, relance amiable par lettre simple ; 3, mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Procédure judiciaire : 4, commandement de payer délivré par un commissaire de justice ; 5, délai de six semaines prévu par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; 6, tentative préalable de règlement amiable : conciliation, médiation ou procédure participative lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, sauf exception légale ; 7, saisine du juge : le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection, par une assignation délivrée par un commissaire de justice et notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience. La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge, qui peut, lorsque les conditions légales sont réunies, accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire. L’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice et le respect de la procédure d’exécution applicable. Aucune pénalité de retard ne peut être facturée au locataire.

Démarches amiables, à l’initiative du bailleur (recommandées par Service-Public)

  1. Étape 1 : Constat

    Le bailleur

    Dater l’échéance, le montant dû et le constat.

  2. Étape 2 : Relance amiable

    Le bailleur

    Lettre simple.

  3. Étape 3 : Mise en demeure

    Le bailleur

    Lettre recommandée avec accusé de réception, avec le décompte.

Procédure judiciaire

  1. Étape 4 : Commandement de payer

    Délivré par un commissaire de justice

    Il mentionne notamment le décompte de la dette et le délai laissé au locataire.

  2. Étape 5 : Délai de six semaines

    Prévu par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989

    Délai laissé au locataire pour régler sa dette.

  3. Étape 6 : Tentative préalable de règlement amiable

    Article 750-1 du Code de procédure civile

    Tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, sauf exception légale.

  4. Étape 7 : Saisine du juge

    Le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection. L’assignation est délivrée par un commissaire de justice.

    Elle est notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience.

La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge. Lorsque les conditions légales sont réunies, celui-ci peut accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire. L’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice et le respect de la procédure d’exécution applicable.

À chaque étape, aucune pénalité de retard ne peut être facturée au locataire.

Sources : Loyers impayés et expulsion du locataire (Service-Public.fr) ; Article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (clause résolutoire, commandement de payer) (Légifrance) ; Article 750-1 du Code de procédure civile (tentative préalable de règlement amiable jusqu'à 5 000 €) (Légifrance) ; Paiement du loyer par le locataire (bail d'habitation) (Service-Public.fr).Vérifié le 4 octobre 2026.

Étape 0 : constater, dater, vérifier

Avant toute relance, vérifiez qu’il s’agit bien d’un retard. Le loyer est dû à la date prévue au bail, et non à une date approximative (suivre les paiements de loyers). Contrôlez que le virement n’est pas arrivé sur un autre compte, ou sous un libellé que vous n’avez pas rapproché. Notez ensuite la date d’échéance, le montant dû et la date du constat : c’est le point de départ de tout le reste. Les dates qui encadrent un bail (révision, charges, assurance) se retrouvent dans le calendrier du bailleur.

Étape 1 : la relance amiable

Service-Public place en première étape un courrier simple, par lequel le bailleur signale au locataire que le loyer et les charges restent à payer. Cette étape vise à clarifier la situation et à laisser une trace, sans durcir. Un message sobre suffit : la période concernée, le montant dû, un rappel de l’échéance, et une invitation à régulariser ou à vous contacter si un obstacle a retardé le paiement.

Étape 2 : la mise en demeure

Si la relance reste sans effet, Service-Public indique d’adresser une mise en demeure par courrier recommandé, avec accusé de réception. Elle reprend les mêmes éléments que la relance, en précisant que le bailleur demande le paiement de la somme due, avec le décompte de la dette et un délai raisonnable pour régulariser. Elle donne une date certaine à votre demande. Service-Public mentionne aussi la possibilité de recourir à un conciliateur de justice (gratuit) ou à un médiateur civil (payant) pour trouver un accord, par exemple un étalement de la dette. Lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant la saisine du juge, sauf exception prévue par l’article 750-1 du Code de procédure civile.

Dès le premier impayé : garant, assurance et CAF

Parallèlement, pensez à la garantie prévue au bail : la caution du locataire, la garantie Visale ou votre assurance loyers impayés. Service-Public rappelle de déclarer l’impayé dans un délai de 30 jours ; relevez en tout cas le délai exact de votre contrat ou de votre garantie, car il conditionne la prise en charge.

Si votre locataire perçoit une aide au logement (APL, ALF ou ALS), vous devez aussi signaler l’impayé à la CAF (ou à la MSA), en principe dans un délai de deux mois, dès que la dette atteint l’équivalent de deux mois de loyer. Le seuil exact dépend de la personne qui perçoit l’aide (bailleur ou locataire) et le mode de calcul est détaillé par Service-Public et par votre CAF : relevez-le sur leurs pages. À défaut de signalement, la CAF indique que vous pourriez devoir rembourser des aides indûment versées.

Étape 3 : le commandement de payer, par un commissaire de justice

Si la dette persiste, un commissaire de justice délivre un commandement de payer. L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que tout bail d’habitation comporte une clause de résiliation de plein droit en cas de loyer ou de charges impayés, mais que cette clause ne joue qu’après un commandement resté sans effet. Le commandement doit notamment mentionner le délai de six semaines accordé au locataire, le montant du loyer et des charges, le décompte de la dette, l’avertissement d’une procédure judiciaire possible, l’adresse du fonds de solidarité pour le logement et le droit de demander des délais au juge.

Ce délai de six semaines est celui de l’article 24, dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023. La clause de résiliation de plein droit y figure aussi pour le non-versement du dépôt de garantie ; elle est explicitement reprise dans le contrat type applicable aux baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026 (bail vide ou bail meublé).

Le commissaire de justice informe aussi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) lorsque le locataire cumule deux mois d’impayés ou une dette équivalant à deux fois le loyer mensuel hors charges. Cette règle vise les bailleurs personnes physiques et les sociétés civiles familiales.

Étape 4 : après les six semaines

Si la dette n’est pas réglée à l’issue du délai, le propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection, selon Service-Public, après la tentative préalable de règlement amiable lorsque l’article 750-1 du Code de procédure civile l’impose. L’assignation est délivrée par un commissaire de justice ; l’assignation est notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience (article 24), pour permettre un diagnostic social et financier. La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge. Lorsque les conditions légales sont réunies, celui-ci peut accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire ; l’article 24 vise notamment le locataire qui a repris le versement du loyer courant avant l’audience et peut rembourser sa dette. L’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice et le respect de la procédure d’exécution applicable : en cas de résiliation, un commandement de quitter les lieux est signifié par un commissaire de justice.

Un parcours progressif, de la relance au juge (Service-Public, mise à jour du 6 août 2026 ; article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; article 750-1 du Code de procédure civile)
ÉtapeQui agitFormeÀ documenter
ConstatLe bailleurAucuneDate d’échéance, montant dû, date du constat.
Relance amiableLe bailleurLettre simpleDate, texte et mode d’envoi.
Mise en demeureLe bailleurLettre recommandée avec accusé de réceptionAccusé de réception et décompte.
Commandement de payerUn commissaire de justiceActe de commissaire de justiceL’acte, le délai de six semaines, l’information de la CCAPEX.
Tentative préalable de règlement amiableLe bailleur et le locataireConciliation, médiation ou procédure participative, en principe obligatoire lorsque le total des demandes ne dépasse pas 5 000 €, sauf exception prévue par l’article 750-1 du Code de procédure civileLa démarche engagée et son issue.
Saisine du jugeLe bailleur saisit le juge des contentieux de la protection. L’assignation est délivrée par un commissaire de justice.Assignation notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audienceLes pièces de la dette et des étapes précédentes.
Un parcours progressif, de la relance au juge (Service-Public, mise à jour du 6 août 2026 ; article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; article 750-1 du Code de procédure civile)

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Facturer des frais de retard : Service-Public indique que le propriétaire a interdiction de les facturer au locataire (baux signés, renouvelés ou reconduits depuis le 27 mars 2014).
  • Forcer le départ du locataire. Contraindre une personne à quitter son logement (menaces, contrainte, changement de serrures) sans passer par la procédure d’expulsion et l’intervention de l’État est un délit : l’article 226-4-2 du Code pénal prévoit jusqu’à trois ans de prison et 30 000 € d’amende. Seule la procédure judiciaire permet l’expulsion.
  • Attendre sans rien noter. Une relance qui n’est pas datée ni conservée ne vous servira pas devant un juge ou un assureur.
  • Oublier la garantie. Si le locataire est couvert par une caution, la garantie Visale ou une assurance, vérifiez dès le premier impayé ses règles de déclaration et ses délais (garant, caution et Visale).

Ce que change un suivi centralisé

Dans Résonance Locative, un paiement en retard ou partiel est signalé dans l’agenda d’échéances, avec le reste dû. Les courriers (relance, mise en demeure) s’appuient sur un texte de départ modifiable, et le mode d’envoi est enregistré, par exemple par e-mail, par courrier postal ou remis en main propre ; une alerte signale un courrier préparé mais non envoyé. L’outil ne rédige pas un acte juridique à votre place et ne garantit ni la conformité d’un courrier ni le recouvrement d’une dette : il garde la trace de ce que vous avez fait, et quand.

À retenir

  • Constatez et datez d’abord : échéance, montant, vérification du rapprochement.
  • Progressez par étapes : lettre simple, puis lettre recommandée, puis commissaire de justice.
  • Seul un commissaire de justice délivre le commandement de payer ; il ouvre un délai de six semaines.
  • Jusqu’à 5 000 € de demandes, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant de saisir le juge, sauf exception prévue par l’article 750-1 du Code de procédure civile.
  • La résiliation fondée sur la clause résolutoire doit être constatée par le juge, qui peut accorder des délais de paiement ; l’expulsion suppose une décision de justice.
  • La CCAPEX est informée à partir de deux mois d’impayés ou d’une dette de deux fois le loyer mensuel hors charges (bailleurs personnes physiques et sociétés civiles familiales).
  • Aucun frais de retard ne peut être facturé au locataire ; documentez chaque étape.

Questions fréquentes

Quand envoyer une mise en demeure ?

Selon Service-Public, après une relance amiable restée sans effet : la mise en demeure se fait par lettre recommandée avec accusé de réception.

Qui délivre le commandement de payer ?

Un commissaire de justice. Il mentionne notamment le délai de six semaines accordé au locataire, le décompte de la dette et le droit de demander des délais au juge.

Quel délai a le locataire après le commandement de payer ?

Six semaines, selon l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989. À l’issue de ce délai, si la dette persiste, le propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection, après la tentative préalable de règlement amiable lorsque l’article 750-1 du Code de procédure civile l’impose.

Puis-je facturer des pénalités de retard ?

Non. Service-Public indique que le propriétaire a interdiction de facturer des frais de retard au locataire, pour les baux signés, renouvelés ou reconduits depuis le 27 mars 2014.

Sources officielles

Pour aller plus loin